Domi an foris en interne ou au-dehors
C'est le poste que presque personne n'a, le coût que personne ne détaille, et la décision que tout le monde repousse. Faut-il un vidéaste dans le service com, ou vaut-il mieux commander au projet ? Ce guide part des faits : les fiches de poste réelles, la grille indiciaire officielle, l'équipement qu'un poste suppose, et les voies intermédiaires que peu de guides nomment. Il ne vend pas une réponse toute faite, il donne de quoi trancher. Vérifié en juillet 2026.
Census l'état des lieux
Sous 30 000 habitants, le poste de vidéaste dédié n'existe pas. Sur quatorze fiches de poste de communicant lues en direct, onze au dossier cible et trois nouvelles (La Ferrière, 5 556 habitants ; Ugine, environ 7 330 habitants ; Agde, environ 30 000 habitants), aucune n'ouvre un poste vidéo pur. La vidéo y est toujours une mission parmi d'autres d'un poste généraliste : réseaux sociaux, print, site, événementiel, et « développer l'usage de la vidéo » quelque part dans la liste.
Où le poste dédié existe-t-il réellement ? Chez les grandes collectivités. Les vidéastes recrutés en propre se trouvent dans les conseils départementaux (Haute-Garonne, Pas-de-Calais), dans les régions (Île de la Réunion), et dans une commune comme Montreuil, en Seine-Saint-Denis : environ 110 000 habitants, soit déjà plus qu'une ville de 10 000 à 100 000 habitants. Montreuil a d'ailleurs publié deux offres vidéo dédiées à un an d'intervalle : en mars 2025 un « chargé de communication vidéo - JRI », en mai 2026 un « chargé de communication audiovisuelle ». Réserve nécessaire : les intitulés et les grandes lignes de mission sont confirmés par deux recherches concordantes, mais le détail du grade et de la rémunération n'a pas pu être récupéré, les deux offres étant expirées au moment de la consultation.
La lecture tient en une phrase. Le poste de vidéaste dédié apparaît chez les départements, les régions et les villes de plus de 100 000 habitants, pas dans les communes de 10 000 à 100 000. En dessous, ce n'est pas un choix budgétaire à faire, c'est un poste que personne n'ouvre.
Le miroir côté photo : pourquoi le photographe municipal pur a disparu →
Officium le poste quand il existe
Quand le poste existe, les offres se ressemblent. Elles dessinent en creux la fiche de poste à rédiger si vous vous lancez. Deux cadres d'emplois se partagent le terrain, toujours en catégorie B.
Le technicien territorial
Le poste vidéo pur, filière technique
Pour un vidéaste de plein exercice, du tournage à la post-production. Île de la Réunion, Haute-Garonne, Pas-de-Calais recrutent sur ce cadre, aux grades technicien, technicien principal de 2e classe ou de 1re classe. Le Pas-de-Calais exige un BTS audiovisuel, Bac+2 au minimum, et demande le permis de pilote de drone.
Le rédacteur territorial
Le poste combiné, filière communication
Pour un profil qui mêle graphisme, photo et vidéo. L'intercommunalité de Bayeux ouvre un poste « graphiste, photographe et vidéaste » en rédacteur, la commune de Saint-Paul un « photographe-vidéaste » en rédacteur principal de 1re classe. Même catégorie B, mais l'accent porte sur la production de contenus, pas seulement l'image animée.
Un signe à relever : le vocabulaire se professionnalise. L'intitulé « JRI », journaliste reporter d'images, un terme venu du broadcast, apparaît désormais dans une offre territoriale, à Montreuil. Ce n'est plus « quelqu'un qui filme un peu », c'est un métier nommé avec ses codes. Si vous rédigez la fiche, c'est le niveau d'exigence que les collectivités qui recrutent posent déjà.
Pretium le vrai coût
Le socle est officiel, et le mécanisme se résume simplement : le salaire de base d'un fonctionnaire se calcule en points, et chaque point vaut 4,92278 € par mois (valeur en vigueur depuis juillet 2023). Un vidéaste territorial relève de la catégorie B, dont l'échelle va de 389 points en début de carrière à 751 points au sommet (décret n° 2022-1201 du 31 août 2022). La multiplication donne le salaire de base : environ 1 900 € brut par mois en début de carrière, environ 3 700 € au sommet, soit une fourchette d'environ 23 000 à 44 000 € brut par an, hors primes. Côté employeur, la seule cotisation retraite CNRACL ajoute 37,65 % du traitement brut en 2026, avec une trajectoire programmée à 43,65 % en 2028 (décret n° 2025-86 du 30 janvier 2025).
À lire noir sur blanc : ce calcul est dérivé de deux textes officiels, ce n'est pas une fiche de paie. Le régime indemnitaire (RIFSEEP) s'ajoute au traitement et n'est pas chiffré ici. La cotisation CNRACL n'est qu'une partie des charges patronales. Pour un montant exact, à l'échelon près et régime indemnitaire compris, le chiffrage se fait avec votre centre de gestion.
Retenez l'ordre de grandeur, pas le chiffre au centime. Un poste de vidéaste, c'est une rémunération qui court toute l'année, des charges patronales qui s'y ajoutent, et une progression de carrière programmée. La comparaison avec un prestataire ne se fait pas contre un salaire seul, mais contre un coût complet d'employeur, primes et cotisations comprises.
Instrumenta l'équipement
Le salaire n'est pas le seul coût d'un poste interne. Un vidéaste sans matériel ne filme rien. Et sur ce point, il faut être honnête : le montant est une zone grise.
Aucune trace publique ne chiffre un kit de tournage pour un poste interne. Ni marché, ni délibération budgétaire lisible ne détaille l'équipement d'un vidéaste territorial. L'UGAP, la centrale d'achat public, ne référence même pas de caméra de production professionnelle en accès catalogue direct : on y trouve des webcams et des caméras techniques, pas de matériel de reportage ou de cinéma (constaté en juillet 2026). Faute de chiffre fiable, ce guide ne les invente pas. Il nomme les postes de dépense, sans montant.
Le corps de métier. Un boîtier de reportage ou de cinéma, et le jeu d'objectifs qui va avec, souvent plus coûteux que le boîtier lui-même.
Micros-cravates, perche, enregistreur. Le poste qu'on sous-estime le plus, alors qu'un son raté ruine une image réussie.
Panneaux, pieds, modeleurs. Ce qui sépare une interview propre d'un plan filmé au néon du couloir.
Une machine taillée pour la vidéo, avec le stockage et la sauvegarde qui vont avec. Un ordinateur de bureau ne suffit pas.
Montage, étalonnage, motion design, habillage. Des abonnements annuels, pas un achat unique, à reconduire chaque année.
Le matériel vieillit et se remplace. Un plateau technique n'est pas une dépense d'installation, c'est une ligne qui revient.
La chute est simple, et elle change le calcul : un poste, ce n'est pas un salaire, c'est un salaire et un plateau technique à constituer, puis à faire vivre. Un prestataire, lui, arrive avec son matériel à jour et l'amortit sur l'ensemble de ses clients.
Media via l'alternance
Entre le poste à temps plein, que les communes de 10 000 à 100 000 habitants n'ouvrent pas en pratique, et l'externalisation complète, une voie intermédiaire est documentée par des cas réels et récents : l'alternance.
Dans le Loiret, la commune a recruté en mai 2026 un apprenti « chargé de communication digitale, réseaux sociaux et vidéo », en contrat de douze mois. La vidéo est nommée dès l'intitulé, aux côtés du digital et des réseaux.
Dans le Nord, le service communication de cinq agents a publié en juillet 2026 une offre d'alternance de chargé de communication incluant explicitement la production de courtes vidéos sur les activités municipales, aux côtés du print, du site et des réseaux.
La piste est crédible, mais il faut la présenter avec ses limites, pas la vendre. Un alternant s'encadre : il faut du temps et une compétence pour le former. Son contrat est court, un à deux ans, et il repart au bout. Et ce n'est pas un professionnel confirmé. L'alternance nourrit très bien le flux des réseaux et le quotidien de la commune ; elle n'est pas le bon outil pour un film d'attractivité ou une captation à enjeu, où l'erreur ne se rattrape pas.
Le service civique, souvent cité dans le même souffle, mérite une réserve nette : c'est un dispositif théoriquement mobilisable, mais aucune mission de service civique spécifiquement vidéo n'a été identifiée dans les collectivités. Le mentionner comme une piste établie pour la vidéo serait exagéré ; à ce jour, ce n'est pas documenté.
Discrimen trancher
On cherche tous le chiffre qui trancherait : à partir de tant de vidéos par an, on internalise. Ce chiffre n'existe pas. Aucune source professionnelle du secteur ne le publie, et le seul repère trouvé venait d'un blog d'agence, juge et partie, écarté. À défaut de seuil, quatre critères raisonnent à sa place.
Combien de vidéos, honnêtement, sur une année pleine ? Pas le volume rêvé, celui que la commune produit ou produira vraiment. C'est la première donnée, et souvent la plus surestimée.
Un besoin ponctuel et un flux hebdomadaire ne se traitent pas pareil. Les conseils municipaux ont des dates fixes ; une WebTV qui publie chaque semaine change tout. La régularité pèse plus que le volume brut.
Un profil unique ne couvre pas tout. Drone, montage, motion design, captation multi-caméras en direct : ce sont des métiers distincts. Plus les besoins sont variés, moins un seul agent y suffit.
Pas le salaire seul : salaire, charges, équipement, renouvellement, formation, d'un côté ; des devis au projet, de l'autre. C'est la seule comparaison honnête, et elle se fait coût complet contre coût complet.
Il reste une troisième voie, entre le recrutement solo et l'achat au coup par coup : mutualiser la vidéo à l'échelle de l'intercommunalité. Chaque commune seule ne financerait pas un dispositif partagé ; l'interco peut le porter pour toutes.
Je le dis d'emblée : je suis vidéaste prestataire, donc pas neutre sur cette question. Mais un piège revient si souvent que je préfère vous le signaler, même s'il ne me rapporte rien. Le pire scénario n'est ni le recrutement ni l'externalisation : c'est l'entre-deux, l'agent déjà en poste à qui l'on confie la vidéo « en plus », sans temps dégagé, sans matériel, sans formation. Sur le papier, la commune a sa vidéo ; dans les faits, il ne sort rien, et chaque mois qui passe conforte l'idée que « la vidéo, on a essayé, ça ne marche pas ». Si vous recrutez, donnez au poste les moyens d'exister. Si vous externalisez, choisissez quelqu'un dont vous pouvez regarder le travail déjà livré, comme le conseil municipal de Labarthe-sur-Lèze que je capte. Dans les deux cas, la question à poser est la même : concrètement, qu'est-ce qui sera en ligne dans trois mois ?
Nicolas Portes · chef opérateur, Veni Vidi Filmi
Quaestio les questions
La catégorie B, presque toujours. Sur les offres de poste vidéo dédié lues en direct, deux cadres reviennent : le technicien territorial (filière technique) pour les postes purs de tournage et montage, et le rédacteur territorial (filière communication) pour les postes qui combinent graphisme, photo et vidéo. Jamais la catégorie A, jamais la catégorie C. Le grade se choisit selon l'expérience visée, du technicien au technicien principal de 1re classe.
En appliquant la valeur officielle du point d'indice à la plage indiciaire de la catégorie B, le traitement brut hors primes va d'environ 23 000 à 44 000 € par an, du bas de grade au sommet de carrière. C'est un ordre de grandeur dérivé de deux textes officiels, pas une fiche de paie : le régime indemnitaire s'y ajoute, et les charges patronales aussi, dont la seule cotisation retraite CNRACL représente 37,65 % du traitement brut en 2026. Le chiffrage exact se fait avec votre centre de gestion.
En théorie oui, en pratique personne ne le fait. Sur quatorze fiches de poste de communicant lues en direct entre 5 000 et 30 000 habitants, aucune n'ouvrait un poste vidéo dédié : la vidéo est toujours une mission parmi d'autres d'un poste généraliste. Le poste de vidéaste pur apparaît un cran au-dessus, à l'échelle des départements, des régions, ou d'une ville comme Montreuil, au-delà de 100 000 habitants. Sous ce seuil, les deux voies réelles sont l'alternance et l'externalisation.
Oui pour nourrir les réseaux, non pour un enjeu. Deux communes de 10 000 et 22 000 habitants l'ont fait récemment, Ingré et La Madeleine, avec la production de courtes vidéos inscrite dans les missions d'un alternant communication. C'est une voie crédible et peu coûteuse, mais un alternant s'encadre, son contrat est court, et ce n'est pas un professionnel confirmé. Bien pour le flux du quotidien, pas pour un film d'attractivité ou une captation à enjeu.
Ce chiffre n'existe pas. Aucune source professionnelle du secteur ne publie de seuil chiffré de bascule entre externe et interne pour une collectivité, et le seul repère trouvé venait d'un blog d'agence, juge et partie, écarté. À la place, quatre critères tranchent : le volume annuel réel, la régularité du besoin, la diversité des formats attendus, et le coût complet d'un poste (salaire, charges, équipement, formation) comparé à des devis au projet.
Petitio votre demande
Un prestataire régulier fait le travail d'un poste dédié sans la ligne salariale ni le plateau technique à porter : le matériel à jour, un regard extérieur, et du concret livré à chaque commande. Racontez-moi les besoins de votre commune, de vive voix de préférence, et je vous dis ce qui se recrute et ce qui se commande.
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